Oliver Gallmeister nous parle de L'Empire de l'automne, d'A.S. Tamaki.
Chères lectrices, chers lecteurs,
Comme chaque année, nous sommes très heureux de vous présenter notre rentrée littéraire. Cette période est toujours une formidable occasion de partager avec vous des romans représentatifs de la diversité de notre catalogue, et d’en parler avec engouement.
Cette rentrée, je suis l’éditeur de deux livres qui, malgré leurs univers radicalement différents, partagent une même ambition romanesque et une même puissance émotionnelle. Deux livres qui sont, à leur manière, profondément Gallmeister. Je tenais à vous présenter Le Clan des feuilles mortes, d’A. S. Tamaki, une épopée dans un presque-Japon féodal, faisant écho à l'histoire et aux légendes de l'archipel. Cette rentrée se fera aussi en compagnie d’Amity Gaige, avec Heartwood, un thriller brillant sur la survie et surtout la maternité et la filiation.
Vous pourrez également compter sur les trouvailles littéraires de Bénédicte Adrien, éditrice des romans non-étasuniens de notre maison, pour voyager toujours plus loin. Nous retrouvons avec joie la plume addictive et frissonnante de Vera Buck, qui nous immerge dans un village abandonné au cœur de notre chère Sardaigne avec Un sombre été. Ces retrouvailles ne viennent pas seules, car Giulia Caminito, première autrice du pan non-américain du catalogue aux côtés de Piergiorgio Pulixi, nous propose un roman intime où la peur de l’avenir et la possibilité d’une renaissance avancent main dans la main dans Le Mal invisible.
"Shōgun meets Game of Thrones"
Le Clan des feuille morte, premier tome de la série de L'Empire de l'automne, est l’un de mes coups de cœur de l’année. A.S. Tamaki est un auteur américain d’origine japonaise, qui a travaillé plusieurs années comme scénariste pour Hollywood. Il peut retracer son ascendance jusqu’aux clans même qui ont combattu durant les guerres civiles de l’Empire japonais, celles-là même qui lui ont inspiré L'Empire de l'automne.
La première fois qu’on m’a parlé de ce roman, on m’a dit "c’est Shōgun qui rencontre Game of Thrones." Mais s’il fallait creuser les comparaisons, j’ajouterais que ce texte n’est pas sans rappeler Princesse Mononoké d’Hayao Miyazaki, ou encore Le Clan des Otori de Lian Hearn.
Nous sommes dans un Japon médiéval fictif, mais minutieusement documenté (le serow, par exemple, une espèce endémique, parlera aux connaisseurs du Japon). Tout commence par une nuit sanglante : une enfant vient de tuer un prêtre à mains nues dans un sanctuaire en ruines. À ses côtés, une femme en robe de deuil blanche, son visage recouvert d’écritures sacrées, prononce sa malédiction : "Trois mourront. Gensei. Kenshi. Ten’in. Un enfant pour un enfant."
Dix-sept ans plus tard, trois jeunes gens sont les seuls survivants du clan Gensei, massacré lors d’une rébellion contre l’empire : Sen, le fils du chef de clan, adopté en secret ; Kai, sa sœur recueillie par une famille proche du pouvoir impérial ; et Rui, une jeune paysanne de 19 ans, qui a été sauvée avec Sen la nuit du massacre. Les terres semblent redevenues paisibles, mais une lutte intestine pour le pouvoir réveille les tensions entre les différents clans de l'empire. Craignant qu’il soit happé par les guerres qui s’annoncent, la mère adoptive de Sen l’envoie se forme au combat auprès de Jōbō le moine corbeau.
Une fresque épique riche en combats
A.S. Tamaki réussit à marier le souffle d’une grande fresque épique avec la profondeur émotionnelle de personnages en quête de sens et d’identité. L’action est haletante, le suspense perdure et les scènes de combat restent ancrées dans nos esprits. Cet auteur vient du cinéma, et ça se sent.
Le Clan des feuilles mortes et le premier tome d’une trilogie, dont la suite sortira en 2027. Cette saga porte sur le poids de la famille, la trahison, le sacrifice, le sens de l’honneur et du devoir. En parcourant ses premières pages, pensez à Hera de Zhang Yimou.
Je crois profondément que ce livre a le potentiel d’être l’un des grands évènements de cette rentrée littéraires. Pour nos lecteurs fidèles, bien sûr, mais aussi pour ceux qui aiment James Clavell ou Lian Hearn. Rendez-vous le 19 août en librairie.
-- Oliver Gallmeister











